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Dimanche 05 Février 2012 | 21h49
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Globalement RH

Cette rubrique est notre "tchat", notre carrefour de réflexion et d'échange sur les problématiques RH. Pour Kreno Consulting et pour nos consultants, c'est la partie visible de l'iceberg, notre laboratoire de R et D... Mais, plus que jamais, nous souhaitons vous associer. Les articles de fond que vous nous ferez parvenir et qui seront signés de votre plume mériteront d'y être publiés
Mercredi 02 Decembre 2009

Et si on cultivait cette... "Fierté du travail bien fait!"

    
Lundi dernier, premier contact avec un intervenant leader de l’équipement de la maison, malmené par la faible demande du secteur.
Un proche du dirigeant m’avait précisé qu’une action de motivation d’envergure était nécessaire pour fouetter les énergies.
Le premier échange se passe au téléphone avec un membre influent du CODIR. Celui-ci, m’annonce, sur le ton du chirurgien des urgences, que compte tenu des circonstances, il serait malséant de faire appel à un partenaire extérieur pour concevoir une action de motivation. Fin de l’entretien.
Quel bel amalgame et quelle croyance !
« Laissez nous vivre notre deuil tranquille. Laissez le Titanic couler sur la musique de son orchestre. »

Au-delà du repli sur soi généré par le stress, l’anecdote est symptomatique.

Ce qui vient polluer le raisonnement c’est la connotation péjorative du mot motivation avec ses accents de voyage bling bling pour vendeur performant des années Tapie...

Et si… Et si au lieu de motivation on disait engagement. Et si au lieu d’associer uniquement motivation avec envie,  on parlait aussi de construire la confiance et de donner le goût de l’initiative et des responsabilités.
Et si tout simplement, on s’attelait à redonner du sens au travail quotidien, et à révéler l’importance et le plaisir d’un client satisfait qu’il soit interne ou externe.
Et si on redonnait sens au groupe et à la réussite collective pour favoriser la performance et lui redonner toute sa signification.

Nous sommes frappés à quel point chaque action de formation est l’occasion de rappeler et de ré-ancrer chez les participants la valeur du degré d’exigence qu’ils apportent à leur travail quotidien.

Attachons-nous aux choses simples, préparons l’avenir avec les hommes clés et redonnons le goût du sourire à nos équipes.
Comme le disait une Directrice commerciale à l’issue d’une journée sur le coaching de ses managers : « Dans le fond ce dont nous avons le plus besoin, c’est d’occasions informelles pour retrouver le goût de fêter les succès. »
Nourrissons cette culture des « petites victoires » !...il y a plus à tirer d’un management qui met en avant les réussites, que d’un discours de Cassandre qui se complet à parler des trains qui n’arrivent pas à l’heure.

Concrètement que faut-il faire ? Comment réussir cette transformation ?

Pour la première étape, gardons en tête que lorsqu’on balaye un escalier, on commence toujours par le haut.
2 questions à se poser au sein du Comité de Direction :
  1. Quelle évaluation sincère faisons-nous de la fierté de nos collaborateurs à venir travailler ?
  2. Comment parlent-ils de leur métier et de leur entreprise quand ils sont à l’extérieur ?

Si le tour de table fait ressortir plus de 2/3 des collaborateurs en positif alors, bravo !
Si la photo ressort globalement négative, il est urgent d’agir !

Oui, mais faire quoi ?

Comme toujours, commençons par le Comité de Direction. La priorité est de valider que chacun de ses membres partage un même but commun pour l’entreprise et qu’individuellement il reflète une grande satisfaction dans son travail.
La deuxième étape est de déployer l’approche auprès des managers de proximité et de travailler avec eux les leviers qui vont donner du sens au travail de leurs équipes.  
Une approche complémentaire très porteuse est de se poser la question des indicateurs qualitatifs aptes à renforcer la fierté du travail bien fait et à permettre un pilotage du niveau d’engagement de ses équipes.

Une fois ce travail réalisé, il reste à sélectionner les actions de renforcement des compétences les plus efficaces pour renforcer l’engagement. La palette est large : tutorat par un collègue senior, accompagnement par le manager, training collectif, formation par une autre entité de l’entreprise ou appel à des compétences extérieures.

Gardons à l’esprit que seuls 40% des français se déclarent « souvent heureux au travail ». A nous de convertir les 60% restant, c’est à tout point de vue, un excellent investissement générateur de résultat et de profit.
C’est un travail dont nous serons tous fiers !

Benoît Siaud
Vendredi 19 Juin 2009

Réussir la transversalité

    
Réussir à fonctionner en « Transversal » est un des enjeux essentiels des entreprises aujourd’hui. C’est là une réponse intéressante pour fluidifier l’entreprise, la rendre plus souple, ouverte et adaptable… Pour autant nombre d’entreprises connaissent encore ces fonctionnements en « silos » où chapelles et baronnies luttent pour conserver intacts leurs « prés carrés » et prérogatives d’hier au risque de geler les situations, de freiner le changement… Ces combats d’arrière-garde ont-ils encore leur place quand l’efficacité de l’organisation trouve pour réponse travail en mode projet, approche par processus ou organisation matricielle ?
N’y a-t-il pas  plus d’idées, de puissance, de possibilités dans ces échanges transversaux ? Ne sont-ils pas mieux adaptés à la société d’aujourd’hui où différences riment avec richesses et puissance avec mixité ?

Le concept de client-fournisseur interne fait toujours « recette » mais trouve ses limites car les objectifs des uns et des autres ne sont pas les mêmes tout comme les risques et opportunités qui les concernent. Pour avancer ensemble il faut s’inscrire dans une relation de partenariat, avoir des objectifs communs et partager ensemble les risques.
Cela ne veut pas dire être toujours d’accord, mais mieux accepter les différences de point de vue de l’autre ; accepter la «  confrontation positive ». C’est l’éternel discours entre le Marketing et les Ventes, entre le Conceptuel et le Concret, entre l’Idée et l’Action…l’un n’est pas grand-chose sans l’autre. Si au lieu de les opposer, on les associe, quel résultat !!!

Mais attention car dans cette logique la notion de responsabilité ou d’autorité devant le projet reste à inventer. Il n’est plus question de pouvoir, ou de logique de compétition, mais bien de volonté de coopération donc d’intelligence émotionnelle, d’écoute, d’empathie. Un changement culturel est donc nécessaire pour passer du fonctionnement en « silo » à la transversalité, l’autre n’est plus un concurrent, ni un client mais bien un partenaire.
Ce partenariat pourrait être symbolisé par la règle des 3 P : Puissance (en quoi va-t-on être plus fort ? Qu’est ce que cela va apporter ? Que va-t-on en faire ?), Permission (Oser tout  se dire «  intelligemment », interroger ses certitudes, sortir du cadre), Protection ( Ecoute, respect, bienveillance..).

Donner du « cadre et des repères » permet de calculer la méfiance et de gérer ces peurs qui rendent impossible la transversalité. Mais ce n’est pas tout car la cohérence (clarté des missions, taches et responsabilités, règles du jeu…) ne garantit pas la cohésion (appartenance, confiance, valeurs partagées…) du groupe (somme d’individualités…) de projet.

La bonne organisation n’existe pas en soi. Son efficacité repose aussi sur le fait que les hommes qui la constituent sont faits pour travailler ensemble… qu’ils sont compatibles pour constituer un groupe. Le management transverse requiert au-delà de compétences techniques des compétences relationnelles (clairvoyance, confiance, connaissance de soi/des autres, courage, conviction…).Et surtout, une envie profonde : celle de regarder l’autre non seulement par son prime personnel mais également sous un autre angle de vision  à 30, 60, 90 et même 180 ° du sien. Le Directeur marketing est certainement sensible aux finances et il n’est pas interdit au DAF d’être créatif ! Pour penser «  Transversal », il est nécessaire de sortir les gens des cases où on est tenté de le mettre….

Dépourvu du « pouvoir des galons », le manager transverse doit convaincre et faire avancer le groupe grâce à son charisme et à sa capacité à fédérer. Or cette capacité d’influence tient du « tour de main » et se développe avec l’expérience et la capacité à démontrer à autrui qu’il est porteur de valeur ajoutée. Pas d’intérêt, pas d’action !

Mais quelles que soient les compétences de l’individu, il ne réussira dans la transversalité que si l’entreprise milite en faveur de la transversalité et refuse l’organisation « verticale et cloisonnée ». Et pour ce faire l’exemple doit venir du sommet de l’organisation et donc du fonctionnement de son Codir !
Le Comité de Direction n’est alors plus la Somme de personnalités et de compétences différentes, mais une Synergie de femmes  et d’hommes créant de la richesse humaine et économique. Et en matière de progression, tout le monde  oublie l’arithmétique quand 1 + 1 font 3 !


Et si Transversalité rimait avec Universalité…….
 
Dominique Delaporte
Jeudi 18 Juin 2009

Nos choix stratégiques les intéressent !!


Le constat est là : combien d’échecs dans les phases de déploiement des options stratégiques arrêtées par des dirigeants pourtant bien inspirés… Combien d’échecs en effet dûs au fait que les équipes opérationnelles n’aient pu se mettre en « ordre de bataille » faute d’avoir compris et intériorisé les choix stratégiques arrêtés…

Une conclusion s’impose selon laquelle trop de dirigeants peinent à faire de la communication interne un levier de déploiement de la stratégie.


A – L’exercice est complexe car au-delà des bonnes intentions nombre d’écueils freinent une compréhension homogène et partagée des priorités, objectifs et décisions prises.
On se gausse de ces « beaux discours » devant le mot d’ordre de la direction, tant ils parait s’éloigner du quotidien subi au contact du chef de service sur le terrain.

Noyés dans la masse au point de s’annuler les uns les autres, ces messages sont alors peu lisibles. La vision globale et stratégique s’effiloche et se noie au milieu des mails, instructions et autres directives de tous styles.

De plus et pour être globaux donc un temps soit peu éloignés du présent immédiat du salarié, ces messages sont parfois perçus comme « cosmétiques ». « Remettre le client au centre de l’action »par exemple… apparaîtra comme tellement évident que le salarié ne se sentira pas concerné… ou s’interrogera sur ce que l’on attend qu’il change, sans trouver de réponse.

Enfin, ces messages de portée stratégique par ce qu’ils véhiculent sont en soi anxiogène parce qu’ils laissent bien souvent supposer que la direction attend des changements dans les comportements sans qu’on ne sache toujours concrètement où et comment.


B – L’exigence est celle du but commun. La décision stratégique doit être exprimée avec des mots dynamisant et expliquer le passage à l’action.

Pour ce faire il est nécessaire de synthétiser la réflexion stratégique pour en sélectionner les options fondamentales. Il ne s’agit pas de simplifier à l’extrême mais de dire ce qui est prioritaire afin que chacun n’en soit pas réduit à définir ses propres priorités.

De même est-il important, d’expliquer ce qui a motivé la sélection de ces priorités. Une entreprise se donnant un objectif Qualité  devra expliquer son choix et le confronter aux exigences de la productivité. Dans le cas contraire, des lendemains difficiles sont à craindre.

Mais la clef du succès réside dans le fait d’expliquer comment mettre en œuvre et sur quels leviers d’action agir. Faute de le faire, ces choix stratégiques seront vécus comme de « la langue de bois » ou de « simples injonctions ».


C – Des messages crédibles et non des injonctions

Marteler des messages type « effets de manche », susceptibles d’engendrer le scepticisme est contre-productif. Partir en communication sur des choix stratégiques suppose qu’on soit rodé pour le faire et qu’il y ait une pleine cohérence entre orientations décidées et actions menées. Recensez par exemple les chantiers en cours, et interrogez-vous sur le fait de savoir s’ils sont pleinement en adéquation avec ces objectifs stratégiques que vous souhaitez communiquer. De même en est-il de ces actes ou directives quotidiennes qui peuvent apparaître comme en décalage du discours stratégique.

Dans le cas où les orientations sont susceptibles de susciter des objections il faut s’efforcer de les anticiper et d’y répondre pour ne pas laisser la désabilisation gagner. Car, les discours ne suffisent plus quand le doute est là, clairement installé. Expliquer inlassablement suppose un engagement permanent et quasi-physique du ou des dirigeants.


D – Mais rien ne vaut le fait d’organiser le partage autour des réflexions et options stratégiques. C’est par le dialogue que se communique le mieux la stratégie. Jouez la proximité et plutôt que les « grandes messes » décentralisez ce type de dialogue en invitant vos cadres à s’investir dans cet échange au niveau de  leur service.

Ce dialogue de proximité, parce qu’il réduit la perception de « discours langue de bois » facilite la compréhension et l’adhésion de tous. Cela prendra du temps, suscitera des débats et pourquoi pas l’expression de désaccords, mais ils seront exprimés et l’on évitera le « oui, mais… », qui cache une fausse adhésion.

Cet échange devient alors particulièrement riche et passionnant quand il vise à être traduit en actions, comportements ou changements d’attitudes requis au niveau de chacun. Une stratégie sera compréhensible si racontée comme une histoire, ne se résumant pas en une série d’objectifs chiffrés et déshumanisés. Elle s’exprime comme s’inspirant d’un but commun et se construit.


Raconter la stratégie comme une histoire c’est respecter les 4 étapes que sont :

  1. Contexte et enjeux
  2. Priorité stratégique
  3. Axes de mise en œuvre
  4. Objectif SMART


4 objectifs prioritaires seront au maximum retenus. Ils seront SMART (Spécifiques, Mesurables, Ambitieux, Réalisables, et seront posés dans le Temps).

La formulation de la stratégie mérite d’être élaborée, testée et ceux qui l’expliqueront se doivent d’y être préparés. Réussir à raconter l’histoire suppose qu’on ait testé sa compréhension et qu’on se soit assuré des sentiments et réactions qu’elle génère. Il faut ensuite tester sa faisabilité opérationnelle ainsi que son acceptabilité par chacun des interlocuteurs des groupes tests.

Il est ensuite nécessaire de préparer, former et rôder ceux qui auront à témoigner auprès de leurs équipes de ces choix stratégiques. Pour être de bons ambassadeurs ils se doivent d’être à l’aise, sûrs d’eux et confiants faute de quoi ils seront sur leurs gardes et ne présenteront l’histoire qu’avec une faible conviction.


E- Communiquer sur la stratégie impose d’utiliser l’ensemble des outils traditionnels de communication. Brochures, affiches, newsletters, articles sur Intranet… seront là pour soutenir l’échange, le nourrir en même temps que le cadrer parce que « écrit » !

Mais là encore ces outils n’ont d’intérêt et d’efficacité que lorsque relayés par l’échange ou le partage verbal. Dans le cas contraire ils sont rapidement oubliés dans le paysage et apparaissent comme plaqués !

Enfin et on l’a déjà souligné, le trop plein d’informations provoque la saturation et génère l’oubli. Cette information stratégique mérite d’être présentée ailleurs et différemment pour ne pas être noyée dans le flot d’informations concernant l’opérationnel.

La communication stratégique est un levier pour fédérer les Hommes et les guider dans le passage à l’action. Si le langage structure la vision, partager  ces choix et options est un acte managérial qui donne du sens et pose de la cohérence :

Combiner « vision inspirante du futur », faire appel aux « émotions et sentiments individuels » pour concerner et rendre concrète l’histoire proposée sont les exigences de l’exercice. La rhétorique stratégique est ce « ciment » qui donne du sens à l’action collective et la transcende !

Dominique Delaporte


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