Cette rubrique est notre "tchat", notre carrefour de réflexion et d'échange sur les problématiques RH. Pour Kreno Consulting et pour nos consultants, c'est la partie visible de l'iceberg, notre laboratoire de R et D... Mais, plus que jamais, nous souhaitons vous associer. Les articles de fond que vous nous ferez parvenir et qui seront signés de votre plume mériteront d'y être publiés
Mardi 27 Juillet 2010
Des dirigeants pour demain
1) L’interne est la piste à explorer en priorité pour trouver ses futurs dirigeants
Plus de 60% des PDG de grands groupes n’ont pas de plan de succession. Ainsi, un nombre croissant d’entreprises se tournent vers l’extérieur pour trouver leur futur patron. Pourtant selon nombre d’études, la performance moyenne des PDG issus de l’interne est souvent supérieure à celle des PDG recrutés à l’extérieur. En effet, la connaissance des capacités de l’entreprise et de son fonctionnement informel sont des avantages non négligeables qui permettent de gagner du temps dans l’action et réduisent les risques de non prise de greffe. L’enjeu est donc de mobiliser l’ensemble de l’encadrement dans la détection et le développement en interne de ces potentiels hors norme susceptibles le jour J de succéder au dirigeant.
2) Repérer des qualités hors norme
Il faut davantage se concentrer sur les personnes qui se détachent par des caractéristiques personnelles hors du commun que par une performance exceptionnelle. Il convient donc de s’intéresser à la façon dont les résultats ont été obtenus. L’intelligence humaine, l’intelligence stratégique, la capacité intellectuelle, l’énergie, l’ambition et enfin la solidité psychologique sont différents critères à observer pour détecter un potentiel de dirigeant.
Un leader potentiel doit posséder :
Une intelligence tant stratégique qu’interpersonnelle :
Un dirigeant doit avoir la capacité de décider des orientations stratégiques de l’entreprise en prenant en compte des points de vue contradictoires. Il doit aussi comprendre les points de vue et émotions de ses interlocuteurs, savoir les écouter et les fédérer.
De l’ambition et des ressources d’équilibre personnel :
Solitude, stress de l’incertitude et sacrifices personnels sont les inconvénients d’un statut de dirigeant. Il est donc important de sonder la motivation d’un leader potentiel et d’appréhender ses capacités de réaction en zone d’inconfort ou de stress.
L’adéquation aux spécificités de l’entreprise :
Enfin les futurs leaders pressentis doivent avoir une culture, une personnalité et des compétences compatibles avec « l’ADN » de l’entreprise. Et quel que soit le talent brut du dirigeant, l’erreur de casting sur ce plan, ne pardonne pas.
3) Construire des parcours de carrières dédiés
Il est important de bâtir des parcours de carrière spécifiques pour les leaders potentiels afin de les confronter à différentes expériences. 3 points importants :
Viser une progression par « sauts ciblés » :
La confrontation successive à des situations radicalement différentes leur permettra à chaque fois de développer une facette différente de leurs compétences
Ne pas hésiter à remanier sa structure pour mieux répondre aux besoins de développement des leaders potentiels :
Créer éventuellement des postes sur-mesure qui permettraient de développer les compétences manquantes.
Toujours intégrer une expérience de gestion opérationnelle de centre de profit :
Nombre de dirigeants ont rencontré des difficultés pour ne s’être pas suffisamment frottés aux responsabilités opérationnelles directes. Les responsabilités assumées au sein d’états-majors et sur des fonctions stratégiques, ne laissent pas toujours l’occasion de rôder sa capacité à manager et à parler aux hommes.
4) Accompagner l’apprentissage
Multiplier les mises en situation formatrices :
Répondant à des objectifs divers (accroître sa vision globale de l’entreprise, gérer la complexité, développer la gestion de ses émotions…), les mises en situation méritent d’être nombreuses.
Définir un ou deux objectifs clairs par expérience :
Pour aider le leader potentiel à tirer le meilleur parti de ses expériences, il convient de l’aider à clarifier chaque fois ses objectifs prioritaires.
Offrir un feedback de qualité :
Le mentor doit poser les questions qui aideront à prendre du recul, à identifier les pistes de progression et souligner les progrès déjà effectués.
Assurer un suivi sur la durée :
Il est souhaitable d’entretenir une relation durable entre les dirigeants et les leaders potentiels.
Dans la plupart des entreprises, la sélection des dirigeants se fait selon l’évaluation de leurs performances, une conception erronée du leadership.
Car, les qualités requises varient fortement selon le contexte et sont acquises par l’expérience plus qu’elles ne sont innées. Elles se travaillent au contact des réalités et donnent plus de place aux dimensions de communication, qu’à la seule expertise.
Sylvie Morel
Lundi 26 Juillet 2010
Intelligence sociale et relationnelle
Avoir un bon contact, une aisance relationnelle est une qualité fondamentale et très attendue d’un leader. L’intelligence sociale n’est pas nécessairement innée et peut se développer par observation et mises en situation.
1) Un domaine à la fois fondamental et difficile à aborder
Le relationnel est une des compétences les plus attendues d’un leader. En effet, on observe que les salariés soumis à l’autorité d’un chef au contact facile sont moins stressés que la moyenne. Il y a également moins de conflits superflus. Et pourtant beaucoup d’employés vivent dans un contexte relationnel peu satisfaisant.
Pourquoi l’intelligence sociale est-elle difficile à aborder ?
Déjà, avoir un bon contact dépend de la capacité de chacun à « sentir » le contexte et à adopter le bon comportement au bon moment. Cela nécessite donc de posséder une certaine intuition. La qualité des relations dépend aussi de ce que les deux parties ressentent au contact l’une de l’autre ce qui relève de l’ordre émotionnel. Or de nombreux managers ont du mal à être à l’aise sur le terrain des émotions et bâtissent des relations exclusivement professionnelles. D’autres encore ne sont pas conscients de l’importance du relationnel, problème qu’ils ont tendance à évacuer délibérément. Enfin, accepter d’améliorer son intelligence sociale conduit à une remise en cause de sa personne. Ainsi, les personnes en question se sentent souvent attaquées.
2) 3 compétences clés pour un bon relationnel : sensibilité au contexte, capacité d’empathie et respect des autres
Adapter son comportement au contexte :
- percevoir le contexte émotionnel : adapter son attitude à l’état d’esprit du moment de la personne en face
- jouer sur l’environnement physique : l’endroit où des personnes se rencontrent conditionne le type de relation qu’elles nouent (endroit formel/ informel)
- tenir compte des règles sociales qui régissent la situation : pratiques de l’entreprise, codes vestimentaires, poids de la hiérarchie pour ne pas heurter son interlocuteur
Adopter une attitude et un langage empathiques :
- sourire authentique
- synchroniser ses attitudes sur celles de son interlocuteur
- adapter son niveau de langage à son interlocuteur
- être très attentif au sens des mots pour soi et pour les autres, afin d’éviter les décalages de perception
prouver son respect pour autrui :
- valoriser ses interlocuteurs : leur donner de l’importance, faire preuve d’humilité, féliciter, souligner les points positifs d’un comportement
- éviter les jugements brutaux : souligner le caractère personnel de ses opinions et ne pas faire de généralités
- veiller à la clarté de son discours : parler clairement pour faciliter la transmission de nos messages
- être attentif à sa façon de gérer les désaccords : lors d’un désaccord, la tentation de vouloir montrer qu’on a raison et l’autre tort est forte et est perçue comme une agression. Il est préférable de montrer à la personne que, même si l’on n’est pas d’accord avec elle, on respecte ses opinions.
3) Comment progresser ?
Prendre conscience que l’on peut faire des progrès : solliciter des avis extérieurs pour savoir comment on est perçu et changer ses croyances
Se choisir des modèles : il peut être utile d’observer le comportement d’une personne que l’on admire pour son sens du contact pour s’initier aux rites sociaux, voir comment dire les choses et ainsi acquérir des réflexes pour son intégration dans l’environnement social
Apprendre à écouter son instinct : être conscient qu’une attitude trop réfléchie et préméditée peut être perçue comme artificielle
S’entraîner en se plaçant volontairement en situation inconfortable
Disposer d’un bon réseau est un atout précieux dans la mesure où cela permet d’accéder à l’information, de résoudre un problème…
Pour développer un réseau efficace à long terme, il est important d’adopter le bon état d’esprit ; c’est-à-dire rendre service sans attendre quelque chose en retour. Ainsi un véritable sentiment de respect propice à des relations de confiance durables s’installe. Il faut avoir une idée précise de ses besoins, identifier les personnes avec qui rentrer en contact et définir une stratégie d’entrée en relation.
Il faut ensuite entretenir ses relations par des appels téléphoniques ou des e-mails et démontrer un peu de gratuité dans l’organisation de rencontres.
Dominique Delaporte
Dimanche 25 Juillet 2010
De l’importance du Langage non verbal chez les managers !
Nombre de managers s’attachent à trouver les mots justes pour réussir leurs prises de parole en public à l’occasion de conventions et négligent au quotidien leur communication non verbale.
Nous pensons utile de préciser combien est crucial, en situation de leadership, ce compartiment spécifique de l’expression qu’exprime notre non verbal.
Les expressions du visage, la respiration, la posture du corps, le nez, les mains, la proximité physique, les sourcils, le regard sont autant de vecteurs de communication non verbale qui permettent d’exprimer ses ressentis et de décoder ce que ressent autrui.
Ne pas être attentif à son langage non verbal a des effets négatifs :
S’il est possible de contrôler ce que l’on dit, nos manifestations physiques peuvent facilement nous trahir. On peut ainsi dévoiler involontairement ses pensées.
Le langage non verbal étant ambigu, l’interprétation est libre à chacun. De plus, la signification de gestes ou de comportements peut différer d’une culture à une autre. Il faut donc être conscient et attentif à cela.
Enfin, un manque de maîtrise du langage non verbal peut inspirer de la défiance chez votre interlocuteur. Un bâillement par signe de fatigue peut être pris comme une marque d’ennui par la personne en face.
Par ailleurs, le langage non verbal conditionne notre relation à autrui :
La première impression que l’on donne est très importante : elle a un impact majeur et durable sur l’image que l’autre se fait de vous, en positif comme en négatif.
Instaurer une relation de proximité, c’est-à-dire être à l’écoute et porter un intérêt sincère à la personne, est essentiel.
Il faut adapter son langage non verbal à celui de l’autre comme un débit de parole similaire, des postures identiques…
Le langage non verbal est également un moyen de donner l’envie de vous suivre :
Il est important de paraître sûr de soi. Le visage, les mains, le corps, la voix ou la gestion de l’espace peuvent exprimer cela ou au-contraire trahir un malaise.
Pour que les autres aient confiance en vous, il faut être cohérent entre vos dires et ce qu’exprime votre langage non verbal.
Enfin l’aptitude à communiquer son enthousiasme est un levier précieux pour entraîner les autres. La communication non verbale telle que la voix, le regard ou la gestuelle est fondamentale.
Enfin, la communication non verbale peut être utile pour révéler le plein potentiel de chacun :
Le langage non verbal joue un rôle majeur pour exprimer l’opinion qu’on a d’une personne et peut avoir un impact déterminant sur sa motivation et son implication :
Il est important de se focaliser sur les qualités qui nous plaisent chez les autres pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes
Des micro-signes d’encouragement (dans ses expressions, postures ou comportements) ont une influence notable sur la performance des individus. Il peut s’agir d’une expression à l’écoute, d’un clignement d’œil approbateur…
Eviter qu’un trait qui vous déplaise soit interprété par l’individu comme une réelle remise en cause de sa personne. Tout manager doit donc apprendre à contrôler ses manifestations d’agacement.
Le pouvoir d’influence est un véritable facteur de réussite professionnelle. Inscrire son discours dans une démarche logique et rationnelle est souvent insuffisant. En effet, une présentation des seuls faits a peu de chance de marquer un individu et donc d’influencer durablement son comportement.
Il est donc beaucoup plus efficace de recourir à une histoire pour influencer quelqu’un afin de marquer durablement autrui et de lui permettre de tirer lui-même ses conclusions. Qui plus est, raconter une histoire peut vous aider à montrer qui vous êtes et faciliter ainsi l’adhésion des autres.
Savoir raconter des histoires, développer sa communication non verbale et l’utiliser avec cohérence, sont des leviers essentiels et indispensables à maîtriser pour se faire comprendre, convaincre et mobiliser ses collaborateurs.