Cette rubrique est notre "tchat", notre carrefour de réflexion et d'échange sur les problématiques RH. Pour Kreno Consulting et pour nos consultants, c'est la partie visible de l'iceberg, notre laboratoire de R et D... Mais, plus que jamais, nous souhaitons vous associer. Les articles de fond que vous nous ferez parvenir et qui seront signés de votre plume mériteront d'y être publiés
Mercredi 28 Juillet 2010
Intelligence sociale et relationnelle
Avoir un bon contact, une aisance relationnelle est une qualité fondamentale et très attendue d’un leader. L’intelligence sociale n’est pas nécessairement innée et peut se développer par observation et mises en situation.
1) Un domaine à la fois fondamental et difficile à aborder
Le relationnel est une des compétences les plus attendues d’un leader. En effet, on observe que les salariés soumis à l’autorité d’un chef au contact facile sont moins stressés que la moyenne. Il y a également moins de conflits superflus.
Et pourtant beaucoup d’employés vivent dans un contexte relationnel peu satisfaisant.
Pourquoi l’intelligence sociale est-elle difficile à aborder ?
Déjà, avoir un bon contact dépend de la capacité de chacun à « sentir » le contexte et à adopter le bon comportement au bon moment. Cela nécessite donc de posséder une certaine intuition. La qualité des relations dépend aussi de ce que les deux parties ressentent au contact l’une de l’autre ce qui relève de l’ordre émotionnel. Or de nombreux managers ont du mal à être à l’aise sur le terrain des émotions et bâtissent des relations exclusivement professionnelles. D’autres encore ne sont pas conscients de l’importance du relationnel, problème qu’ils ont tendance à évacuer délibérément. Enfin, accepter d’améliorer son intelligence sociale conduit à une remise en cause de sa personne. Ainsi, les personnes en question se sentent souvent attaquées.
2) 3 compétences clés pour un bon relationnel : sensibilité au contexte, capacité d’empathie et respect des autres
Adapter son comportement au contexte :
- percevoir le contexte émotionnel : adapter son attitude à l’état d’esprit du moment de la personne en face
- jouer sur l’environnement physique : l’endroit où des personnes se rencontrent conditionne le type de relation qu’elles nouent (endroit formel/ informel)
- tenir compte des règles sociales qui régissent la situation : pratiques de l’entreprise, codes vestimentaires, poids de la hiérarchie pour ne pas heurter son interlocuteur
Adopter une attitude et un langage empathiques :
- sourire authentique
- synchroniser ses attitudes sur celles de son interlocuteur
- adapter son niveau de langage à son interlocuteur
- être très attentif au sens des mots pour soi et pour les autres, afin d’éviter les décalages de perception
prouver son respect pour autrui :
- valoriser ses interlocuteurs : leur donner de l’importance, faire preuve d’humilité, féliciter, souligner les points positifs d’un comportement
- éviter les jugements brutaux : souligner le caractère personnel de ses opinions et ne pas faire de généralités
- veiller à la clarté de son discours : parler clairement pour faciliter la transmission de nos messages
- être attentif à sa façon de gérer les désaccords : lors d’un désaccord, la tentation de vouloir montrer qu’on a raison et l’autre tort est forte et est perçue comme une agression. Il est préférable de montrer à la personne que, même si l’on n’est pas d’accord avec elle, on respecte ses opinions.
3) Comment progresser ?
Prendre conscience que l’on peut faire des progrès : solliciter des avis extérieurs pour savoir comment on est perçu et changer ses croyances
Se choisir des modèles : il peut être utile d’observer le comportement d’une personne que l’on admire pour son sens du contact pour s’initier aux rites sociaux, voir comment dire les choses et ainsi acquérir des réflexes pour son intégration dans l’environnement social
Apprendre à écouter son instinct : être conscient qu’une attitude trop réfléchie et préméditée peut être perçue comme artificielle
S’entraîner en se plaçant volontairement en situation inconfortable
Disposer d’un bon réseau est un atout précieux dans la mesure où cela permet d’accéder à l’information, de résoudre un problème…
Pour développer un réseau efficace à long terme, il est important d’adopter le bon état d’esprit ; c’est-à-dire rendre service sans attendre quelque chose en retour. Ainsi un véritable sentiment de respect propice à des relations de confiance durables s’installe. Il faut avoir une idée précise de ses besoins, identifier les personnes avec qui rentrer en contact et définir une stratégie d’entrée en relation.
Il faut ensuite entretenir ses relations par des appels téléphoniques ou des e-mails et démontrer un peu de gratuité dans l’organisation de rencontres.
Dominique Delaporte
Mercredi 28 Juillet 2010
Des dirigeants pour demain
1) L’interne est la piste à explorer en priorité pour trouver ses futurs dirigeants
Plus de 60% des PDG de grands groupes n’ont pas de plan de succession. Ainsi, un nombre croissant d’entreprises se tournent vers l’extérieur pour trouver leur futur patron. Pourtant selon nombre d’études, la performance moyenne des PDG issus de l’interne est souvent supérieure à celle des PDG recrutés à l’extérieur. En effet, la connaissance des capacités de l’entreprise et de son fonctionnement informel sont des avantages non négligeables qui permettent de gagner du temps dans l’action et réduisent les risques de non prise de greffe. L’enjeu est donc de mobiliser l’ensemble de l’encadrement dans la détection et le développement en interne de ces potentiels hors norme susceptibles le jour J de succéder au dirigeant.
2) Repérer des qualités hors norme
Il faut davantage se concentrer sur les personnes qui se détachent par des caractéristiques personnelles hors du commun que par une performance exceptionnelle. Il convient donc de s’intéresser à la façon dont les résultats ont été obtenus. L’intelligence humaine, l’intelligence stratégique, la capacité intellectuelle, l’énergie, l’ambition et enfin la solidité psychologique sont différents critères à observer pour détecter un potentiel de dirigeant.
Un leader potentiel doit posséder :
Une intelligence tant stratégique qu’interpersonnelle :
Un dirigeant doit avoir la capacité de décider des orientations stratégiques de l’entreprise en prenant en compte des points de vue contradictoires. Il doit aussi comprendre les points de vue et émotions de ses interlocuteurs, savoir les écouter et les fédérer.
De l’ambition et des ressources d’équilibre personnel :
Solitude, stress de l’incertitude et sacrifices personnels sont les inconvénients d’un statut de dirigeant. Il est donc important de sonder la motivation d’un leader potentiel et d’appréhender ses capacités de réaction en zone d’inconfort ou de stress.
L’adéquation aux spécificités de l’entreprise :
Enfin les futurs leaders pressentis doivent avoir une culture, une personnalité et des compétences compatibles avec « l’ADN » de l’entreprise. Et quel que soit le talent brut du dirigeant, l’erreur de casting sur ce plan, ne pardonne pas.
3) Construire des parcours de carrières dédiés
Il est important de bâtir des parcours de carrière spécifiques pour les leaders potentiels afin de les confronter à différentes expériences. 3 points importants :
Viser une progression par « sauts ciblés » :
La confrontation successive à des situations radicalement différentes leur permettra à chaque fois de développer une facette différente de leurs compétences
Ne pas hésiter à remanier sa structure pour mieux répondre aux besoins de développement des leaders potentiels :
Créer éventuellement des postes sur-mesure qui permettraient de développer les compétences manquantes.
Toujours intégrer une expérience de gestion opérationnelle de centre de profit :
Nombre de dirigeants ont rencontré des difficultés pour ne s’être pas suffisamment frottés aux responsabilités opérationnelles directes. Les responsabilités assumées au sein d’états-majors et sur des fonctions stratégiques, ne laissent pas toujours l’occasion de rôder sa capacité à manager et à parler aux hommes.
4) Accompagner l’apprentissage
Multiplier les mises en situation formatrices :
Répondant à des objectifs divers (accroître sa vision globale de l’entreprise, gérer la complexité, développer la gestion de ses émotions…), les mises en situation méritent d’être nombreuses.
Définir un ou deux objectifs clairs par expérience :
Pour aider le leader potentiel à tirer le meilleur parti de ses expériences, il convient de l’aider à clarifier chaque fois ses objectifs prioritaires.
Offrir un feedback de qualité :
Le mentor doit poser les questions qui aideront à prendre du recul, à identifier les pistes de progression et souligner les progrès déjà effectués.
Assurer un suivi sur la durée :
Il est souhaitable d’entretenir une relation durable entre les dirigeants et les leaders potentiels.
Dans la plupart des entreprises, la sélection des dirigeants se fait selon l’évaluation de leurs performances, une conception erronée du leadership.
Car, les qualités requises varient fortement selon le contexte et sont acquises par l’expérience plus qu’elles ne sont innées. Elles se travaillent au contact des réalités et donnent plus de place aux dimensions de communication, qu’à la seule expertise.
Dominique Delaporte
Mercredi 28 Juillet 2010
Un acte managérial fort, le recrutement !
Jusque dans les années 80, les managers étaient chargés des résultats opérationnels tandis que les responsables RH s’occupaient exclusivement de la formation et des carrières. Avec la fin du contrat moral d’emploi à vie, on a assisté à une décentralisation de la fonction RH dans le cadre d’un partage avec les managers. Or aujourd’hui on observe un manque d’investissement des managers dans le domaine du recrutement, pourtant touché par les changements des années 80. De fait, tout juste un tiers des décisions de recrutement sont jugées satisfaisantes à long terme.
1) Vers des managers-recruteurs
Les managers et responsables opérationnels sont souvent à même de tester la capacité à travailler en équipe et mieux armés que quiconque pour gérer les missions de recrutement. Les équipes de départements RH doivent quant à elle aider les managers à remplir ce rôle délicat. Ainsi, l’implication des managers dans le recrutement de leurs équipes est un facteur crucial de la réussite. Positionner les bonnes personnes aux bons postes est un exercice difficile, compte tenu des évolutions du marché du travail, mais décisif. De nos jours, les managers doivent davantage se concentrer sur les compétences relationnelles que techniques du candidat. En effet, selon des études, les démissions dues à de mauvaises relations hiérarchiques sont les plus nombreuses. Il est donc du ressort du manager de cerner durant le processus de recrutement si la relation de travail est susceptible de s’établir efficacement. Parallèlement, les compétences attendues sont plus nombreuses.
2) Clarifier ses besoins tout en restant souple
En raison de l’état actuel du marché du travail, il est rare de trouver un candidat qui réponde à tous les critères fixés. Face à la pénurie de talents, le manager doit évaluer au cours de ses entretiens ses besoins ; les compétences qu’il valorise ou au contraire ce qui est « négociable ». Les valeurs, le QE, le potentiel, l’expérience, la personnalité et le QI sont autant de critères à prendre en compte lors d’un entretien. Le recrutement est donc une affaire de compromis et de balance entre ces différents indicateurs. En-dehors de la sélection individuelle, le plus important est de renforcer votre équipe sur des compétences qui lui font défaut. De même, face à un environnement en évolution constante, les managers se doivent de recruter en tenant compte des besoins futurs.
3) Elargir ses sources
Optimiser ses options de recrutement est un atout souvent négligé. Dans un marché tendu, il faut élargir l’éventail du choix au maximum. Utiliser son réseau personnel par exemple permet d’identifier des candidats potentiels et d’obtenir des informations plus riches sur les candidats rencontrés. De même, il convient d’explorer toutes les pistes, internes comme externes, ainsi que l’option des marchés étrangers.
4) Se repérer face à des candidats moins normés
Enfin, le recrutement est une tâche complexe où l’on a tendance à se référer à ce que nous connaissons ce qui exclut les candidats aux profils atypiques et conduit à un certain conformisme. Un autre problème du recrutement repose dans nos préjugés ; le manager se doit donc de dépasser ses idées préconçues en posant des questions pour les vérifier ou les invalider. Cependant, utiliser son intuition en complément de son analyse lorsque l’on hésite entre plusieurs candidats est utile. Il est aussi crucial d’évaluer l’intelligence émotionnelle du candidat, c’est-à-dire sa capacité à comprendre ses propres émotions et celles des autres et à les gérer. Le manager a donc pour rôle de tester ses réactions et son mode de communication.