Cette rubrique est notre "tchat", notre carrefour de réflexion et d'échange sur les problématiques RH. Pour Kreno Consulting et pour nos consultants, c'est la partie visible de l'iceberg, notre laboratoire de R et D... Mais, plus que jamais, nous souhaitons vous associer. Les articles de fond que vous nous ferez parvenir et qui seront signés de votre plume mériteront d'y être publiés
Mardi 23 Février 2010
Coaching d'équipe : une vision partagée pour une performance collective
Au cœur de la crise, les équipes de direction doivent être soudées, centrées vers l’atteinte d’un but commun et avoir une vision partagée. Il est essentiel qu’elles apprennent à se connaître, à se respecter dans leurs différences, à s’enrichir par la diversité des profils. Pas si simple dans la pratique…
Qu’est-ce qui peut motiver une équipe de direction à créer une vision partagée ?
Pour faire face aux nombreuses mutations inévitables dans leur façon de travailler, les entreprises doivent intégrer à la fois les spécificités de leur organisation, des hommes qui la composent, des valeurs qui les fédèrent.
La vision doit alors être la colonne vertébrale de l’ensemble.
Une vision, c’est un rêve individuel et collectif à la fois qui permet de transcender les performances.
L’enjeu est donc de taille.
Parfois, certains clients, à l’évocation du thème, sourient et pensent que c’est une lubie de consultant !
Pourtant, l’organisation souffre souvent de l’absence d’une vision claire qui donne sens à son action. Les entreprises qui savent se retrouver autour du sens donné par l’élaboration de leur vision performent bien plus que les autres !
Comment concrètement accompagner une équipe dans ce travail d’élaboration ?
Chez Kreno Consulting, nous accompagnons nos clients dans ce cheminement :
- 1ère étape : Le consultant se met en posture d’écoute en rencontrant individuellement plusieurs acteurs du projet. Il va comprendre leur enveloppe culturelle, leurs croyances et commencer à créer de l’alliance avec eux. Un consultant n’est pas le bras armé de tel ou telle individualité, mais bien celui de l’entreprise et les collaborateurs doivent le sentir dès le début.
- 2ème étape : en salle, en collectif, le consultant propose de mettre à plat les représentations de chacun sur leur entreprise, sur ses forces, ses faiblesses, sur ce qu’ils veulent qu’elle devienne à 2 ans, à 5 ans. A ce stade, chacun travaille seul, sur une feuille de paper et est dans la posture métaphorique du « calife »; il a tous les pouvoirs, il peut faire ce qu’il veut.
- 3ème étape : Chacun vient ensuite présenter sa vision des choses, sa proposition de plan d’actions pour son entreprise. Le consultant a un rôle important à ce stade car il doit refuser les interruptions, les jugements de valeur, les interprétations, les croyances limitantes. Il a la charge d’accompagner chaque membre de l’équipe de direction pour faire le deuil de sa représentation et pour être constamment à l’écoute de celle des autres.
- 4ème étape : le consultant demande ce qui s’est passé émotionnellement pour chacun lorsqu’il a entendu ses pairs évoquer la perception qu’ils avaient de leur société. A ce stade, il y a déjà une forte prise de conscience que les différences sont là et qu’elles peuvent être une richesse pour la société. Chacun pensait avoir la vérité alors que ce n’était que sa vérité. Tout le monde pensait parler de la même chose alors qu’en fait, il n’en était rien… Par exemple, prenons un mot comme « la performance ». Amusez-vous à demander à chacun de vos collègues ce que signifie ce mot pour lui. Les réponses sont bien souvent différentes car c’est ce qu’on appelle « un mot valise ». Tout un chacun connaît ce mot mais les uns et les autres n’y associent pas les mêmes réalités…
- 5ème étape : le consultant en posture « ressource » contribue à l’élaboration de la vision, du projet d’entreprise mais cette fois ci par un travail en commun.
Comment concrètement faire vivre et déployer la vision au cœur de l’entreprise ?
Les valeurs, la culture d’entreprise, les principes managériaux, les priorités stratégiques, les plans d’actions se doivent d’être alignés avec cette vision élaborée. Tout doit se retrouver en cohérence sinon les équipes n’adhéreront pas…
La vision ne correspond donc pas seulement à l’élaboration d’un document papier; encore faut-il la faire vivre et incarner par les principaux managers de l’entreprise.
Ensuite, seul le yo-yo managérial permet alors à chaque acteur clé de mettre en relation les enjeux et les actions au quotidien et de s’assurer qu’elles sont toujours en cohérence avec la vision créée collectivement.
Le déploiement de la vision va pouvoir alors véritablement commencer.
A cet exercice, chaque membre du comité de direction n’a pas la même aptitude. Certains seront plus à l’aise dans la communication ou l’action, d’autres sauront plus facilement prendre du recul par rapport aux événements, vivre la complexité, motiver ses équipes, etc.
C’est pour cela que selon Kreno Consulting, il est crucial d’alterner des temps en collectif avec un travail en individuel avec chacun des membres du comité de direction.
Chaque personne coachée peut ainsi, au cours de séances de coaching individuel, comprendre son propre mode de fonctionnement, ses émotions, ses sources de colère, ses peurs.
Le retour en collectif est alors transcendé et « l’intelligence collective* » prend enfin tout son sens.
Marie-Paule LE GALL
Consultante KRENO CONSULTING
Auteur de 2 ouvrages parus chez DUNOD
« Mieux se connaître pour vendre plus »
Et « Toute la fonction commerciale »
*Expression de Vincent Lenhardt dans « L’intelligence collective en action » co-écrit avec Philippe Bernard.
Vendredi 02 Octobre 2009
De la gestion des compétences au management par les compétences…
Comment redonner du sens au travail ?
La distance croissante entre les salariés et leur entreprise fait régulièrement l’objet d’études sociologiques ou d’articles dans les médias: l’ensemble de ces réflexions met en évidence le malaise de l’homme au travail et notamment son manque de motivation grandissant par rapport à un poste qu’il occupe sans en comprendre la finalité.
Il existe certes, une impressionnante palette de leviers sur lesquels les DRH ou RRH jouent plus ou moins selon les situations, afin de motiver les collaborateurs de l’entreprise : la rétribution, l’intérêt du poste, les conditions de travail, le management direct, le développement des compétences, l’ambiance de travail … autant d’outils indispensables à la motivation du salarié. On peut être motivé par une politique de rémunération attractive, un manager bien formé, une ambiance de travail conviviale, une politique de développement des compétences qui permet de bénéficier de formations régulièrement … ou par un subtil dosage de ces divers ingrédients.
Mais que se passe-t-il (pour la motivation du salarié et la performance de l’entreprise) lorsque la situation économique entraîne des diminutions de salaires, une réduction du budget formation ou encore un stress accru et une tension générale des relations dans l’entreprise ? Ou encore, qu’en est-il quand un salarié a des aspirations plus hautes et cherche tout simplement un sens à son travail quotidien ?
Trop peu d’entreprises cherchent à répondre à l’une des questions clefs de leurs salariés : « quelle est la raison d’être de ma présence dans cette entreprise ? », se privant ainsi d’un levier d’action puissant sur la motivation de leurs collaborateurs, donc sur leur propre performance. Deux pistes de réflexion peuvent permettre d’apporter un début de réponse à cette interrogation :
- la définition d’une stratégie qui ne soit pas uniquement économique (« augmenter le CA ») ou à court (voire très court) terme mais qui englobe le moyen et le long terme, qui formalise des axes de développement, qui définisse des objectifs précis et des politiques claires pour leur mise en œuvre,
- une réflexion sur les « valeurs » (ou le projet) qui sont en lien avec cette stratégie et que l’entreprise souhaite véhiculer en externe et en interne.
Mais afin que ces réflexions ne restent pas au stade de l’incantation, elles doivent être non seulement relayées (et c’est là, le rôle de la communication interne), mais aussi incarnées dans le quotidien des collaborateurs : les compétences ont alors une place privilégiée dans ce dispositif. Il s’agira en effet, à côté des compétences classiques (telles que la maîtrise de notions comptables de base ou la connaissance des processus en œuvre dans l’entreprise) :
- 1°/ d’identifier les compétences nécessaires à la réussite de la stratégie de l’entreprise (et qui sont peut-être moins immédiates que les compétences traditionnellement évaluées), ce qui implique une réflexion prospective (de quelles compétences aurons-nous besoin dans 5 ans ?),
- 2°/ de traduire en compétences des valeurs intangibles (si l’entreprise se dote d’une valeur telle que « l’orientation client », elle peut se poser la question de savoir quelles compétences y seront associées, sachant qu’elles ne seront pas identiques pour un gestionnaire de back office ou un commercial !).
Une fois ce travail accompli, tous les outils RH traditionnels (évaluation, plan de formation ou de développement des compétences, fixation et évaluation des objectifs annuels…) pourront être adossés à cette réflexion sur les compétences et seront d’autant plus pertinents qu’ils seront porteurs de sens pour le salarié.
Passer d’une simple gestion des compétences à un management par les compétences, c’est-à-dire à l’alignement de la notion de compétences (et plus largement des RH) avec la stratégie et les valeurs de l’entreprise, est cette inflexion que doivent mener d’urgence ces dirigeants soucieux de voir leur choix stratégique ou leur projet d’entreprise obtenir l’adhésion des équipes terrain.
Isabelle Bertrand
Consultante